Au lancement de la 2e édition, le 6 juin 2026 au CCFG, les maîtres jouent devant le portrait hommage à Mamady Keïta et Famoudou Konaté — Photo : Ministère de la Culture de Guinée
Le journal du festival
Il y a des visages qui suffisent à raconter un instrument. Celui de Mamady Keïta est de ceux-là : lors du lancement de la 2e édition du FID, le 6 juin 2026 au Centre culturel franco-guinéen, son portrait veillait sur la scène, aux côtés de celui de Famoudou Konaté. Le maître n'est plus là — il s'est éteint en 2021 — mais c'est son œuvre de transmission que le festival perpétue. Mamady Keïta n'est pas au programme de l'édition 2026 : il en est la figure tutélaire.
Né en août 1950 à Balandougou, dans la préfecture de Siguiri, près de la frontière du Mali, le jeune Malinké est initié au djembé dès l'âge de sept ans par le maître Karinkadjan Kondé. À douze ans, il joue déjà dans le ballet régional de Siguiri. En 1964, il est sélectionné lors du Festival national pour rejoindre le Ballet national Djoliba : il en devient le soliste principal dès 1965, puis le directeur artistique en 1979.
En 1986, il quitte le ballet et passe par Abidjan, avec le Koteba, avant de s'installer à Bruxelles en 1988. C'est le début d'une seconde vie, celle du passeur : en 1991, il fonde l'école Tam Tam Mandingue, qui deviendra un réseau mondial d'écoles et de professeurs certifiés par le maître lui-même. Son premier album, Wassolon (1989), puis Hamanah (1996), enregistré avec Famoudou Konaté, font entrer les rythmes du Hamana et du pays mandingue dans les discothèques du monde entier. Le film Djembéfola, de Laurent Chevallier, raconte ce parcours hors norme.
« Djembéfola » : en malinké, « celui qui fait parler le djembé ». Mamady Keïta est décédé le 21 juin 2021 à Bruxelles, à 71 ans, des suites de complications cardiaques. Il laisse des milliers d'élèves sur tous les continents — et une certitude : un rythme transmis ne meurt jamais.
Du 8 au 13 décembre 2026, les djembés de Matam joueront aussi pour lui.
Sources : Qobuz — Music Story ; Wikipédia, article « Mamady Keïta » ; Tam Tam Mandingue (TTMDA).